Quand la lune large inonde le camp silencieux, moi
je n’ai pas perdu mon esprit de vagabondage nocturne.
L’autre jour, je suis parti admirer la plaine sur les dunes roses. Je n’ai rien vu d’aussi morne, d’aussi triste, dans sa solitude et sa nudité que ces plateaux sablonneux, confins du grand désert. La seule chose que j’ai rencontrée c’est quelques chacals qui s’enfuyaient comme des ombres malfaisantes et quelques oiseaux qui ont pris leur vol quand j’arrivais à hauteur de leur rocher. Le soir sur ces plaines arides flotte un vague parfum de thym, de genêt. Des flocons de brouillard s’élèvent en colonne difforme au dessus des oueds à demi desséchés.
Depuis hier une chaleur torride, le vent souffle du Sud avec violence, un vent sec qui sèche la gorge et les narines, soulevant de colonnes de sable brûlant.