« ... Le sang coule à flot, le canon tonne, les avions bombardent
impitoyablement nos cantonnements. La guerre s’est déclenchée
dans toute son atrocité. J’ai perdu toutes mes affaires dans
une récente retraite anticipée et nocturne. Je suis en 1ère
ligne. Il y a déjà eu des morts et des blessés dont
j’ignore le nombre. Je suis fatigué, la nourriture et bien
légère, quant au travail il est bien dur, creuser la terre,
ne pas dormir, protéger les munitions car le danger grossit de jour
en jour. Les « boches » nous bombardent. Etant agent de liaison,
je suis tombé dans le champ de tir de leur mortier et à chaque
pas il fallait que je me jette à plat ventre dans la boue. Les « boches » sont
en face de nous et ne sont que trop généreux pour nous donner
bombes, grenades ou balles. Mais nous avons la poudre et les mèches.