Abraham Rozman avoue ne plus savoir comment la poursuivre.
C’est un véritable jeu de cache-cache. Alors
va savoir où la vérité s’est barrée
?
Des trucs à se débiner à l’ouest
du Mississipi, à bien se planquer derrière les rocheuses,
des fois que les Russes penseraient de nouveau à l'action.
Il cherche, le soldat Français Modza. Il s’adresse à une
Jeleznova – une femme de passage en Russie, tout
de même ça se remarque – Le Jeleznova au pantalon
bouffant, l’oeil incendiaire, lance des foudres.
- « Ici
c’est un bordel et la loi première d’un bordel interdit
de se dévoiler aux inconnus. »
Et pourtant c’est le lieu idéal, le bordel, quand on veut savoir
ce qui se passe. Et une belle corpulente ça laisse des
rêves aériens.
Elle se lâche la Jeleznova :
- « Ils sont venus les mecs du KGB. On sait que ce sont eux car les flics
ont plus
l’air
de flics en civil qu'en uniforme. Ils voulaient lui refiler
un passeport de citoyenne soviétique...
C’est mieux qu’on
me
fusille qu’elle avait hurlé de toutes ses forces. Mais
on ne peut pas jouir du droit d’asile dans un bordel lorsqu’on est
fauché…»
« Oh ! » crie-t-elle au soldat Français. « … ta
chérinette, tu vas pas remuer ciel et terre pour la retrouver !»
Un coup à se bouffer le nez dans l’état où il
est Modza. Faut s’en aller Modza. Oui… mais… attends… il
y a une vieille pute qui veut bien confesser des choses. C’est
un saint tribunal, la confession. La petite vielle fouille un petit sac
minable bouffée par les mites. Elle en sort deux photos en noir
et blanc qu’elle tend à Modza.
- « Elle me les avait données
juste avant de fuir. »
La vieille a un geste qui veut dire : pourquoi fuir ? Elle ne
sait pas la vieille que fuir apprend des choses sur soit même.