En plus du Lieutenant Colonel, il y avait Muzador,
le roi des coups tordus, il se souvient Modza.
Tu rentres là dedans simple commando, tu salues en claquant des
talons, ils te regardent de-ci de-là, en quinze secondes t’es à poil.
Des idées à eux qu’ils se font de toi. T’es
un trognon, enfin un couillon. Tu peux pas dîner dans leur wagon.
T’en veux de la simplicité, du manque de confiance.
Te voilà servi Modza !
Tu ressorts costumé « Officier » qu’ils disent.
L’uniforme neuf et l’étoile est rouge aussi.
Tu salues, c’est obligatoire pour les autorités de l’Armée
Française.
La Mission qu’ils ont dit, alors il ne s’est pas méfié,
Modza.
Pourtant la méfiance c’est un atout.
Il a signé, Modza, l’instruction 666 EMGG/1 du 20 janvier 45.
Mis à la disposition de l’Armée Soviétique, le Soldat
Modzalewsky.
C’est du bluff ! Ils protestent, les Soviétiques, vingt ans après,
jamais au grand jamais Modza n’a fait partie de l’Armée rouge.
Des œillères qu’il avait, Modza, en 45, quand il y a eut l’assassinat
de l’autre, celui qui allait être le chef à la place du chef
et qui était déjà chef des chefs. Et puis il y a eu l’avion
brisé dans les marécages. Il s’était écrasé et
Modza avec.Quand on disparaît dans le marais, il reste quelques bulles à la
surface et plus rien, l’odeur de la vase et une longue nuit.
Il parait que juste avant de mourir les gens voient Dieu.
Cette nuit là, Modza n’avait pas vu Dieu. Alors il fouille sa mémoire
jusqu’à la torture. Dans le halo se détache le blanc d’un
lit d’Hôpital... une douloureuse respiration… et d’un
coup plus rien. Pftt…! Tout est parti.