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LES BRAISES DES ANNÉES ROUGES
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Si l’on essaie de comprendre une disparition volontaire,
il faut chercher dans le secret.
Mais si la disparition n’est pas volontaire, il faut chercher partout, remuer
jusqu’aux entrailles de la terre avec ses régions mystérieuses, jouer jusqu’à son âme!
Voici l’histoire d’une enfant devenue jeune fille, puis femme, dont la plus
grande partie de sa vie fut consacrée à rechercher des personnes et des faits
afin de retrouver la trace de son père : un Russe blanc disparu en 1945 !
De moissons en moissons, Danielle Modzalewsky a construit des ponts sur des
abîmes infranchissables, et ses échecs sont le fondement de son succès.
Il faudrait beaucoup plus qu’un livre pour simplement recenser les étapes
de son voyage au bout
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de l’absurde, une navigation chaotique
entre les écueils,
les fausses pistes, face à l’indifférence, aux mensonges, aux secrets militaires
et à la raison d’état.
Une femme de cette trempe qui montre une formidable détermination et refuse
que l’oubli efface l’Histoire !
Animée par une extraordinaire piétée filiale, Danielle finit par
retrouver le soldat français Yvan Modzalewsky. Hélas, à ce moment, il est mort
depuis 8 ans et a recomposé une seconde famille en URSS. Une famille russe,
pauvre, qui offre à Danielle Modzalewsky des documents, des
lettres d’où se dégage une force hypnotique qui attire.
De sa tombe à Kirovabad, cette terre russe, Modza semble vouloir maintenant
faire signe à sa fille et établir ainsi une correspondance d’outre tombe !
L’emballement est à peine imaginable et Danielle Modzalewsky découvre les secrets
de ce père qu’elle n’avait pas eu le temps de connaître. Yvan Modzalewsky, ce
petit-fils d’un Médecin Général du Tsar, héros de l’épopée glorieuse des Commandos
d’Afrique, né à Riga en 1919, ce Letton n’a que six
ans lorsqu’il arrive à Paris. Elève dans une école chrétienne par la volonté de
parents pourtant agents du Komintern, il a déjà parcouru l’Europe, la Tchécoslovaquie,
la Pologne, l’Allemagne et l’Autriche – à cause du travail clandestin de ses
parents !
Ce fils de peintre connu en Russie, s’engage en 1938 dans l’Armée Française
afin de gagner la nationalité française sous l’uniforme du 173ème. Il épouse
Emilie Bertoni, une Corse d’un village aux traditions intactes. Danielle Modzalewsky
a attendu quarante ans de sa vie avant de connaître le parcours du soldat valeureux
blessé au combat, soi-disant officier de l’Armée
Russe alors qu’il ne s’agissait que d’une « mission » !
Un soldat qui disparaît dans les décombres de l’Europe, arrêté par les sbires
de l’Etat Soviétique, condamné à mort, il voit le peloton d’exécution et finalement,
il voit sa peine de mort commuée en 25 années de Goulag !
Libéré des camps de Russie, Modza ne cesse de réclamer ses papiers français
aux différents ministères.
Mais qui empêche ce retour ? Les Russes ou les Français ? Danielle Modzalewsky
découvre les vérités les unes après les autres de ce parcours qui est aussi
parsemé de femmes ! De la bergère corse à la reine des enfers,
et d’autres qui adorent les facéties polissonnes, des souris aux gambettes élégantes,
des malicieuses de la gaudriole qui se contorsionnent.
Mais à un moment où l’on pourrait croire à une vie de bohème qui galope dans
tous ses instincts, une vérité plus terrible reste à découvrir loin des femmes
qui courent le guilledou ! Pourtant, si Danielle Modzalewsky accuse le coup,
elle n’en montre rien et reporte l’amour voué au père à la famille russe, témoin
de la vie de son père. A ce moment, Danielle Modzalewsky comprend le calvaire
vécu par le soldat français.
Elle veut aider Tatiana et Yvan sa demi-sœur et son demi-frère. Mais le destin
en décide autrement, la France ne reconnaît pas le sang versé à son service.
Et non loin de Poggio-di-Venaco, ce village Corse où tout avait commencé il
y a plus d’un demi-siècle, Danielle Modzalewsky garde la volonté farouche de
faire éclater enfin toute la vérité sur la vie d’un père qui d’URSS écrivait à ses
amis Commandos :
« Chers Compagnons de combats, Voici mes accusations, publiez-les,
surtout n’hésitez pas !
Nos vies, notre liberté sont entre vos mains.
J’ai survécu à des horreurs et j’attends sur cette terre qui a quelque chose
de dantesque.
J’ai 60 ans révolus, j’ai bu un verre de vin le 8 mai en l’honneur de notre
débarquement et du jour de la victoire, je me suis rappelé tous ceux que j’ai
perdus depuis 1939 sans distinction de race, ni de nationalité. Mais je suis
certain que la vérité triomphera tôt ou tard, et je désirerais y survivre !
Mon espoir s’est brisé au pied du rideau de fer !! »
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